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Briser un silence embarrassé

L’exposition "Breaking the silence" 
Où ? Halles de Schaerbeek, 22a, 1030 Bruxelles. 
Quand ? Jusqu’au 17/12. Tous les jours de 13 à 18h, excepté le lundi.
Nocturne le jeudi jusque 21h.
Nocturne et matinée sur demande.
En partenariat étroit avec l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB) et Dor Hashalom,
Avec le soutien de la Fondation Rosa Luxemburg.
Participer, soutenir ces témoignages, ces événements (de grande qualité), c’est encourager les Israéliens qui persévèrent à défendre les droits inaliénables des Palestiniens en dénonçant les crimes dont ils sont victimes en prenant, actuellement, des risques personnels face à leur  gouvernement de droite et d’extrême – droite.
                                   Marco Abramowicz

L’association israélienne Shovrim Shtika - Breaking the Silence - Brisons le Silence a collecté et compilé plus de 2 500 heures d’iinterviews à propos de la vie quotidienne à Hébron. L’exposition présente une centaine de photographies prises par les soldats dans l’exercice de leur fonction au sein des forces armées israéliennes. Des ex-soldats, membres actifs de Breaking the Silence, accompagnent la visite de l’exposition et parlent de leur mission en Cisjordanie et dans les autres Territoires occupés de Palestine.

« Les soldats qui servent dans les Territoires sont les témoins et les acteurs d’actions militaires qui les changent profondément. Les cas d’abus envers les Palestiniens, les pilages et les destructions de propriétés sont la norme depuis des années mais sont toujours relatés comme étant des cas extrêmes et uniques. Nos témoignages décrivent une autre et bien plus sinistre réalité. Une réalité dans laquelle la détérioration des principes moraux trouve un moyen d’expression, sous la forme d’ordres et des règles d’engagement, et qui est justifiée au nom de la sécurité d’Israël? »

L’exposition s’accompagne d’une installation vidéo intitulée "The Details", du réalisateur israélien Avi Mograbi. Visible dans une salle annexe, elle montre des scènes relatives aux Territoires occupés simultanément sur huit écrans. L’artiste y voit une manière de faire "ressentir l’espace psychologique et oppressif que les situations dans ces vidéos créent" .
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Briser un silence embarrassé
Vincent Braun
LLB, mis en ligne le 02/12/2011

D’anciens soldats de l’armée israélienne témoignent des réalités de l’occupation des Territoires palestiniens. Une exposition visible à Bruxelles.
Il faut d’abord se rendre en sous-sol. S’extraire de la surface et de ses bruits. Pénétrer une réalité silencieuse, voire réduite au silence. Découvrir une cinquantaine de photos, des scènes de la vie quotidienne des soldats israéliens déployés dans les Territoires palestiniens. Décrypter ces images prises par d’anciens soldats, dûment légendées et même commentées en direct par ceux-ci. Y voir autant de témoignages peu flatteurs - cathartiques, expiatoires ? - de leur passage sous les drapeaux. Briser le silence embarrassé que suscitent l’occupation et la colonisation israéliennes. Donner corps à ces deux mots.

Montée pour la première fois à Tel Aviv, et interdite, l’exposition "Breaking the silence" (visible aux Halles de Schaerbeek durant quinze jours) est due au collectif israélien du même nom. Elle montre une réalité qui dérange d’autant plus qu’elle émane des rangs même de l’armée de l’Etat hébreux. "La majorité de la communauté juive ne veut pas savoir ce qui se passe réellement. C’est pourquoi ces soldats sont importants, parce qu’ils sont les témoins directs, les acteurs de cette occupation, et qu’ils montrent ce qu’ils ont été amenés à faire au nom de la société israélienne", souligne Henri Wajnblum, l’ancien président de l’Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB), qui a contribué au montage de l’exposition.

Breaking the silence est un collectif israélien créé en 2004 par d’anciens soldats ayant servi dans les Forces de défense israéliennes (IDF) - le nom officiel de l’armée - en tant que conscrits ou officiers durant la seconde Intifada (guerre des pierres), qui prit fin en 2000. Son objectif est de collecter des documents afin de montrer la nature réelle de l’occupation. A ce jour, près de 8 000 soldats ont apporté leur pierre à cet édifice. Chaque témoignage, chaque document est systématiquement vérifié, recoupé, comparé, en fonction de l’actualité et des dates, nous explique Simcha Levental, 29 ans.

Lorsqu’il sert comme sergent entre 2000 et 2003, il est témoin des humiliations et des harcèlements qui sont le lot quotidien des Palestiniens. "Cela m’a pris deux ans et demi pour me rendre compte de ce qui se passait réellement, car nous sommes plongés dans la réalité du terrain. Certaines choses me dérangeaient. Alors, j’ai commencé à en parler à mes proches, qui trouvaient cela tout aussi dérangeant. Puis d’autres m’ont raconté des choses similaires", nous confie Simcha Levental. "Au final, on se rend compte que nous ne sommes pas là pour protéger notre pays ou assurer sa sécurité, mais bien pour entretenir une situation d’occupation."

Pour lui, être occupant, même sans avoir d’intention malveillante, conduit à réaliser des choses honteuses et regrettables. "Ces choses banales que nous sommes amenés à faire sont contre la morale et répondent à des buts politiques", affirme encore Simcha. "L’occupation nous pousse à être créatifs", dit-il. L’une des photos exposées (ci-contre) montre des Palestiniens punis pour avoir bravé le couvre-feu imposé par Israël. "Leurs yeux bandés rappellent qu’ils sont les victimes aveugles de ce régime d’oppression", suggère Simcha.

Et de commenter une autre photo qui témoigne de la politique d’intimidation et d’intrusion mise en œuvre par les forces israéliennes. On y découvre des soldats ayant investi une maison palestinienne pour la fouiller et regardant un match de la Coupe du monde de football à la télévision. "Ils ont enfermé les membres de la famille dans deux pièces. L’opération a duré deux heures, parce que c’était la durée du match."

Encore ? 02.218.21.07 et www.breakingthesilence.org 
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Un site à visiter : http://www.upjb.be/

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