29 septembre 2011

L’interview de Stéphan Hessel sur la Palestine

A visionner et diffuser sans modération : l’interview de Stéphan Hessel sur la Palestine, résistant, co-rédacteur de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et auteur du célèbre «Indignez-vous !», en vidéo (2 mn 20).

12 septembre 2011

Palestine : un moment clé

Je reprends le fil de ce Blog, actualité oblige. Quelque chose se passe qui peut changer l'avenir du Proche-Orient.
Septembre 2011. Très bientôt, les Palestiniens vont présenter leur demande d’adhésion au Conseil de Sécurité de l’ONU. Je vous propose un petit dossier à ce propos.


Ces articles sont de Renée-Anne Gutter, journaliste à La Libre Belgique. J'apprécie Renée-Anne Gutter pour son ouverture d'esprit, son objectivité, sa probité. Que ce soit pour l'Afrique (je me souviens d'articles remarquables et prémonitoires sur le Rwanda) ou pour le Proche-Orient, je la crois tout-à-fait digne de confiance. Qu'elle en soit ici remerciée.
¨Philippe Paquet est aussi un journaliste que j'apprécie.
Dans le flot des informations qui circulent partout, je pense utile de (re)valoriser le travail des journalistes professionnels de qualité.

Quatre articles tout récents, et un article d’il y a tout juste un an, où "Dans un discours essentiellement consacré au Proche-Orient, Obama a plaidé pour l’admission d’un Etat palestinien indépendant l’an prochain."
Que du chemin parcouru, en marche arrière, depuis un an !
Note : je vous recommande de lire ce discours remarquable, même si...

1.  3/9/2011 : 
Pour se faire une idée
Renée-Anne Gutter
LLB. Mis en ligne le 03/09/2011

Palestiniens et Israéliens testent leurs arguments diplomatiques. Ce week-end, Yves Leterme écoutera les deux parties à la cause.
  
(Extraits. Pour lire l'article entier voir sur le site de LLB

L’Autorité palestinienne et le gouvernement israélien fourbissent chacun leurs armes diplomatiques, respectivement pour et contre la reconnaissance unilatérale par l’Onu d’un Etat palestinien indépendant. Et d’ici le 20 septembre, date à laquelle s’ouvrira l’Assemblée générale de l’Onu à New York, le raïs Abbas et le Premier ministre Netanyahou courtisent surtout les pays de l’Union européenne.
C’est sur cette toile de fond que le Premier ministre belge, Yves Leterme, aura ces dimanche et lundi des entretiens à Jérusalem et Ramallah. Le 20 septembre, Mahmoud Abbas va soumettre au nom de l’OLP une requête à deux volets : que les Nations unies reconnaissent une Palestine souveraine dans les frontières d’avant l’invasion israélienne de juin 1967, c’est-à-dire sur toute la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est, avec celle-ci pour capitale; et qu’elles adoptent cette Palestine comme membre à part entière.

Pour ce qui est du volet adhésion, M. Abbas ne se fait pas d’illusions. Cette adhésion doit être validée au préalable par le Conseil de sécurité. Or là, les Etats-Unis comptent user de leur véto pour y mettre le holà. (Note)

Les Palestiniens envisagent donc trois alternatives.
• Soit, mobiliser un maximum de votes en leur faveur au Conseil de Sécurité, notamment de ses membres permanents européens, de façon à y isoler la délégation américaine et à délégitimer son véto. 
• Soit, demander la hausse de leur statut onusien, qui est actuellement d’"observateur", à celui d’"Etat non membre".  
• Soit, uniquement briguer la reconnaissance de leur indépendance étatique par l’Assemblée générale.

Les deux dernières alternatives ne nécessitent pas le blanc-seing du Conseil de Sécurité. Mais dans ce cas, la reconnaissance de la Palestine demeurera essentiellement déclaratoire. Elle octroiera toutefois aux Palestiniens une tribune et un poids diplomatique incontournables. Or là, c’est Benjamin Netanyahou qui se sait battu d’avance.

Car sur les 193 Etats-membres de l’Assemblée générale, une majorité d’au moins 130 s’annonce acquise aux Palestiniens. Il s’agit surtout des pays du monde arabo-musulman, d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie. (...)
Et dans ce cadre, M. Netanyahou table surtout sur l’UE.(...)
Les 27 débattent précisément ces jours-ci d’une éventuelle position commune. (...)
Pour l’heure, en tout cas, seuls quatre pays de l’UE ont promis à Israël de s’opposer à la démarche palestinienne : l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la République tchèque. L’Espagne s’est déjà rangée aux côtés des Palestiniens. La France et la Grande-Bretagne n’excluent pas d’en faire autant, si l’impasse des négociations israélo-palestiniennes persiste. D’autres membres de l’UE n’ont pas encore annoncé la couleur. (...)
Le gouvernement Leterme n’a encore rien décidé. Mais en juillet dernier, le Sénat belge a adopté une résolution l’invitant à reconnaître l’Etat palestinien.


2.  3/9/2011 :
Hypothèses, intentions, scénarios, réactions, menaces, conséquences

Renée-Anne Gutter, de Jérusalem.
LLB. Mis en ligne le 03/09/2011

Le gouvernement israélien ne dévoile pas ses intentions mais a déjà élaboré des scénarios.

La reconnaissance par l’Onu d’une Palestine souveraine est aux yeux du gouvernement israélien "une menace grave" qui "ne restera pas sans réponse" . Benjamin Netanyahou refuse pour l’heure de révéler ses intentions. Mais certains scénarios sont déjà évoqués, tous de mauvais augure pour les Palestiniens.
Dans l’hypothèse probable que les Palestiniens n’obtiennent pas la pleine adhésion à l’Onu, la reconnaissance de leur Etat par l’Assemblée générale restera virtuelle et n’instaurera pas automatiquement leur souveraineté sur le terrain.

Lire la suite sur le site de LLB


3.  6/9/2011 :
Mahmoud Abbas: "Délégitimer l’occupation"
Renée-Anne Gutter
LLB. Mis en ligne le 06/09/2011

Mahmoud Abbas a publiquement clarifié ses intentions. Il entend reprendre les négociations avec Israël quoi qu’il obtienne à l’Onu.

Pour Mahmoud Abbas, la demande de reconnaissance onusienne d’une Palestine souveraine "ne vise pas à isoler ou délégitimer Israël, mais à délégitimer son occupation des territoires palestiniens" . "Et quoique nous obtenions à l’Onu , souligne le raïs palestinien, nous reprendrons ensuite les négociations avec Israël pour régler les dossiers de l’accord final, ainsi que le sort des Palestiniens prisonniers en Israël."
Pour la première fois, en effet, M. Abbas a publiquement clarifié ses intentions au sujet de la demande d’adhésion de la Palestine aux Nations unies, fournissant ainsi des indications sur la formulation de la résolution que les Palestiniens présenteront dans quinze jours à l’Onu. (...)
 les Palestiniens l’ont annoncé dimanche : les menaces de sanctions américaines et les ultimes efforts internationaux pour relancer les négociations avec Israël avant le 20 septembre ne dissuaderont plus les Palestiniens de s’adresser à l’Onu.
Les Palestiniens l’ont annoncé dimanche : les menaces de sanctions américaines et les ultimes efforts internationaux pour relancer les négociations avec Israël avant le 20 septembre ne dissuaderont plus les Palestiniens de s’adresser à l’Onu. (...)
La démarche auprès de l’Onu ne mettra pas fin à l’occupation, a déclaré Mahmoud Abbas, "elle est un prélude pour y arriver et atteindre l’indépendance" .
La proposition de résolution que M. Abbas soumettra le 20 septembre au secrétaire-général de l’Onu, Ban Ki-moon, appellera notamment à changer le statut des territoires palestiniens de "territoires disputés" en "Etat sous occupation" . Cette résolution acceptée, les pourparlers avec Israël pourront reprendre "sur des bases claires et spécifiques" . A savoir, le retour aux frontières d’avant juin 1967 et l’arrêt de toute activité de colonisation juive. (...)
pour le négociateur en chef des Palestiniens, Saeb Erekat, la reconnaissance onusienne d’ "un Etat palestinien sous occupation" dans les frontières d’avant juin 1967 aura plusieurs avantages. Israël sera obligé d’y appliquer la 4e Convention de Genève, qui empêche notamment l’appropriation de biens de la population locale sur une grande échelle, donc la confiscation des terres palestiniennes au profit des colons juifs. (...)
En riposte à cette reconnaissance, les Etats-Unis menacent carrément de couper les vivres à l’Autorité palestinienne. (Note : revirement d'Obama depuis l'an dernier... voir l'article "L'ONU attend la Palestine")

 Pour lire l'article entier, voir sur le site de LLB.


4.  6/9/2011 :
La Belgique serait "anti-israélienne"

LLB. Mis en ligne le 06/09/2011

L’Etat belge dénoncé par une association israélienne pour avoir financé des ONG.

Ou comment l'extrême droite israélienne accuse des pays européens d'accorder prétendument des subsides "aux ennemis d’Israël" qui critiquent ouvertement les méfaits de la colonisation et les violations quotidiennes aux droits élémentaires des Palestiniens.
Pointés du doigt dans le rapport, les organisations Yesh Din, Shatil, Combattants pour la Paix, le Comités public contre la torture en Israël, le Forum familial du cercle des parents, le Centre Peres pour la paix, et Peace Now, des ONG israélienne qui militent pour la paix.

Le ministère belge des Affaires étrangères s’était déjà expliqué auprès du Jérusalem Post. Michel Malherbe, son porte-parole, joint par téléphone a encore tenu à clarifier la position adoptée par la Belgique en la matière : "Nous finançons non pas des organisations, mais des projets spécifiques d’organisations qui sont soigneusement examinés à l’avance et qui répondent à des attentes humanitaires." Il rajoute que "ces projets sont choisis dans un cadre négocié et s’attache à examiner la qualité et la transparence des actions entreprises. Le respect des droits humains est un critère" . Ce financement s’inscrit dans le cadre d’un plan de prévention des conflits.
M.K. (st.)

Lire l'article entier sur le site de LLB.


5.  Et, il y a un an : 24/9/2010 : 
"L'ONU attend la Palestine"
Philippe Paquet.
_ Envoyé spécial à New York

http://www.lalibre.be/actu/international/article/612019/l-onu-attend-la-palestine.html

LLB. Mis en ligne le 24/09/2010
Dans un discours essentiellement consacré au Proche-Orient, Obama a plaidé jeudi pour l’admission d’un Etat palestinien indépendant l’an prochain. Un engagement personnel qui pèsera sur ses chances de réélection en 2012.

Barack Obama a donné rendez-vous avec l’Histoire jeudi, devant l’Assemblée générale des Nations unies, en formant le vœu que l’Onu puisse accueillir, l’an prochain, un nouveau membre : "un Etat de Palestine indépendant". Si l’occasion n’est pas saisie maintenant, alors que de laborieuses négociations sous le patronage des Etats-Unis viennent de reprendre entre Israéliens et Palestiniens, a-t-il prévenu, le risque sera grand de devoir attendre que passe une génération pour ramener la paix au Proche-Orient. 

Lire l'article entier...

Il y a un an : "L'ONU attend la Palestine" (B. Obama)

Philippe Paquet; La Libre Belgique
Envoyé spécial à New York
Mis en ligne le 24/09/2010

Dans un discours essentiellement consacré au Proche-Orient, Obama a plaidé jeudi pour l’admission d’un Etat palestinien indépendant l’an prochain. Un engagement personnel qui pèsera sur ses chances de réélection en 2012.
Barack Obama a donné rendez-vous avec l’Histoire jeudi, devant l’Assemblée générale des Nations unies, en formant le vœu que l’Onu puisse accueillir, l’an prochain, un nouveau membre : "un Etat de Palestine indépendant". Si l’occasion n’est pas saisie maintenant, alors que de laborieuses négociations sous le patronage des Etats-Unis viennent de reprendre entre Israéliens et Palestiniens, a-t-il prévenu, le risque sera grand de devoir attendre que passe une génération pour ramener la paix au Proche-Orient. Si le président américain a été alors longuement applaudi par l’assemblée et si les bancs de la délégation israélienne dans la salle n’étaient vides que pour cause de fête religieuse juive, on ne pouvait s’empêcher de penser que le pari est loin d’être gagné.

A quelques semaines d’élections cruciales pour sa majorité au Congrès, M. Obama a dressé un bilan de ses réalisations en politique étrangère : le sauvetage de l’économie mondiale après la crise financière de 2008, le retrait d’Irak, la stabilisation en Afghanistan, les progrès enregistrés dans l’élimination des armes nucléaires, le bâton et la carotte à l’égard de l’Iran, l’aide apportée à Haïti et au Pakistan Mais c’est de ce qu’il reste à accomplir qu’il a voulu surtout parler, consacrant au conflit israélo-palestinien des développements qu’on n’avait plus entendus depuis longtemps dans la bouche d’un président américain à l’Onu.
"Les cyniques disent que les deux parties sont trop méfiantes l’une envers l’autre et que les divisions intestines sont trop grandes dans chaque camp pour qu’on puisse forger une paix durable"
, a admis Barack Obama. Il n’en a pas moins exhorté les protagonistes à puiser dans les traditions de tolérance des "trois religions qui considèrent le sol de Jérusalem comme sacré" (le judaïsme, le christianisme et l’islam) pour qu’enfin les choses progressent. Car, à défaut d’accord, "les Palestiniens ne connaîtront jamais la fierté et la dignité que confère un Etat". Et "les Israéliens ne connaîtront jamais la certitude et la sécurité que vous donnent des voisins souverains et stables qui se sont engagés à vivre ensemble". "Le sang continuera de couler", a averti le Président. "La Terre sainte demeurera le symbole de nos différences, plutôt que celui de notre commune humanité."

M. Obama a mis le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, au pied du mur en épinglant leur engagement mutuel à mener les négociations à leur terme. Mais il a appelé tous les autres acteurs et le reste de la communauté internationale à soutenir le processus. "Nombreux dans cette salle sont ceux qui se rangent parmi les amis des Palestiniens. Mais les paroles doivent maintenant être suivies par des actes", a insisté le chef de l’exécutif américain. "Ceux qui se sont engagés sur l’Initiative arabe de paix doivent saisir cette occasion [ ] pour avancer comme promis sur la voie de la normalisation avec Israël. Et ceux qui parlent haut et fort en faveur de l’autonomie palestinienne doivent apporter un soutien politique et financier à l’Autorité palestinienne."

Barack Obama a pris soin de rappeler le soutien indéfectible des Etats-Unis à Israël. "Après soixante ans de présence au sein de la communauté des nations, l’existence d’Israël n’est pas un sujet de discussion", a-t-il martelé. "Israël est un Etat souverain et la patrie historique du peuple juif. Il doit être clair pour tous que toute tentative d’attenter à la légitimité d’Israël ne pourrait que se heurter à l’opposition résolue des Etats-Unis." Et de souligner que "le massacre d’Israéliens innocents n’est pas de la résistance, mais de l’injustice".
Dans le même temps, le président américain n’en a pas moins souligné que les amis d’Israël doivent réaliser que "la sécurité véritable de l’Etat hébreu passe par la création d’une Palestine indépendante - un Etat qui permette aux Palestiniens de vivre dans la dignité et de jouir d’opportunités". M. Obama a rappelé la position de son gouvernement sur les colonies juives. Le moratoire sur leur construction a "amélioré la situation sur le terrain et le climat des négociations", et il doit par conséquent pouvoir être prolongé, un point sur lequel, pourtant, M. Netanyahou est resté évasif jusqu’ici en n’envisageant que le gel éventuel de certains projets.

Le conflit israélo-palestinien, a conclu le président américain, est presque aussi ancien que l’Organisation des Nations unies elle-même. "Nous pouvons nous revoir l’an prochain et tenir le même genre de discours". Ou "nous pourrions avoir un accord qui nous conduirait à accueillir un nouveau membre des Nations unies : un Etat de Palestine indépendant, vivant en paix avec Israël".
Dans cette hypothèse, Barack Obama rejoindrait Jimmy Carter au rang des grands artisans de la paix au Proche-Orient. Il mériterait alors pleinement le prix Nobel qui lui fut décerné anticipativement après son entrée en fonction. Dans le cas contraire, l’échec de cet engagement personnel pourrait peser lourdement sur ses chances de réélection en 2012.

Palestine. Quelques tableaux parlants

  Made in illegality / outils infographiques 1er juillet 2019  https://plateforme-palestine.org/Made-in-illegality-outils-infographiqu...