11 novembre 2015

La Palestine et son occupation coloniale


Une opinion d'Akram Belkaïd, journaliste indépendant. 
Dernier livre paru : "Etre arabe aujourd’hui" (Ed Carnets Nord)

Intro
J'ai trouvé particulièrement intéressant, dans le flot des informations sur le sujet, l'analyse d'Akram Belkaïd, qui démonte l'argumentaire développé par les services d'information (à vrai dire un ministère de la propagande, qui emploie de dizaines de psychologues, tous plus astucieux les uns que les autres !) : c'est très astucieux de déployer dans l'opinion occidentale une confusion que le public est prêt à adopter et qui fait des ravages dans les esprits.
Je vous invite à lire le démontage ci-dessous, dont je vous livre des extraits
.

(Les mises en évidence sont de moi)
MS

(...) Dans les multiples analyses que l’on peut lire dans la presse occidentale, notamment française, se déploie une campagne insidieuse qui cherche à disqualifier la révolte palestinienne. Et la méthode employée doit être dénoncée. D’abord, les attaques au couteau ou, plus rarement, à la voiture-bélier, sont mises dans le même sac que les manifestations quotidiennes de la jeunesse palestinienne face aux militaires israéliens. Ainsi, on installe dans l’imaginaire occidental l’idée qu’il ne s’agit que d’attaques sanglantes contre des juifs. L’intention est claire, le fait d’insister sur l’usage de la violence discrédite la revendication politique et la dénonciation de la colonisation.
 

Déjà lors de la seconde intifada

Ensuite, et c’est le plus important, il y a une tentative manifeste de répandre la thèse selon laquelle les motivations réelles de la contestation ne sont pas politiques mais religieuses.
Autrement dit, ce n’est pas le maintien d’une présence militaire et policière israélienne en Cisjordanie ni l’essor continuel de la colonisation ni encore moins les attaques que subissent les villages palestiniens isolés de la part de colons (lesquels jouissent d’une totale impunité) qui serait la source de cette colère. Non, on nous explique que c’est un conflit désormais religieux où les musulmans, comprendre les Palestiniens, ont décidé de s’attaquer aux juifs, comprendre les Israéliens. 

Pourquoi maintenant ? Eh bien, ce serait parce que les musulmans auraient décidé de défendre coûte que coûte la mosquée d’Al-Aqsa - à laquelle les neuf-dixièmes des Palestiniens qui vivent en Cisjordanie ou à Gaza n’ont pas accès, il faut le rappeler - contre une tentative de contrôle accru du Mont du Temple par les autorités israéliennes.
La mise en avant de l’aspect religieux pour caractériser la colère palestinienne n’est pas nouvelle. En 2000, déjà, c’est ce que les partisans d’Israël avaient avancé lors de la seconde intifada. Les manifestants palestiniens, d’hier et d’aujourd’hui ont beau réclamer leur terre, le retrait israélien des territoires occupés et le démantèlement des colonies - illégales selon le droit international, il faut, là aussi, le rappeler - c’est donc la piste de l’effervescence religieuse qui est retenue. Pourquoi ? La réponse est évidente.
 

Ramener la question israélo-palestinienne au religieux c’est faire passer au second plan le fait colonial. C’est occulter cette occupation illégale qui engendre injustices et drames pour les Palestiniens. Dans un monde où l’islam a mauvaise presse ne serait-ce qu’en raison des atrocités commises par le groupe de l’Etat islamique (EI) et d’autres organisations djihadistes, ramener la contestation palestinienne sur le terrain du religieux, c’est chercher à la discréditer sur le plan international. Daech et les jeunes lanceurs de pierres, ce serait donc la même chose… Pour Israël et ses partisans, on comprend l’utilité (et l’urgence) de cet amalgame quand on sait que les appels récurrents au boycottage des produits issus des colonies israélienne voire de l’Etat hébreu ne cessent de gagner en audience dans le monde entier.
 

Refus d’un Etat palestinien

(…) Ce qui n’existe toujours pas, ce qui ne cesse d’être renvoyé aux calendes grecques, ce qu’Israël refuse encore et encore de voir apparaître, c’est bien l’Etat palestinien. Nombre d’experts qui connaissent bien la région affirment même qu’il n’y aura jamais de solution à "deux Etats". Le panorama est donc bien moins compliqué qu’on ne le dit. D’un côté, un Etat reconnu sur le plan international, une armée puissante, un arsenal nucléaire, des citoyens qui peuvent aller et venir où bon leur semble, en Israël comme ailleurs dans le monde (exception faite de nombreux pays arabes). De l’autre, un peuple sans pays, sans passeport, confiné un jour, parqué le lendemain, qui sait très bien que l’objectif à long terme est de le maintenir dans cet état de servitude ou, à défaut, de le faire partir ailleurs. La question israélo-palestinienne est d’ordre colonial. Chercher à faire croire le contraire, c’est être partisan d’un statu quo qui fait les affaires (à court terme) d’Israël.

Publié dans LLB le jeudi 05 novembre 2015 (CONTRIBUTION LECTEUR)
 

Cette réflexion a été publiée dans la rubrique "La chronique du blédard" du "Quotidien d’Oran".

20 octobre 2015

Chaîne humaine de solidarité avec la Palestine


A L’APPEL DE L’ASSOCIATION BELGO-PALESTINIENNE ET DE NOMBREUSES ASSOCIATIONS DONT L’UPJB




Pourquoi et pour quoi nous irons manifester dimanche à Bruxelles.

Le regain de violence en Israël-Palestine sème terreur et mort parmi les civils israéliens et palestiniens. Cette révolte mortifère trouve sa source dans la politique du gouvernement israélien, qui, à force de mépriser les droits du peuple palestinien, attise la haine d’une jeunesse qui vit depuis trop longtemps dans la peur et l’humiliation, sans aucune perspective d’avenir. En durcissant sa politique sécuritaire, le gouvernement israélien ne fait qu'attiser le feu de la haine et de la violence. Nous pensons que cette réponse est inappropriée et qu’il faut agir sur les conditions qui ont favorisé l’émergence de telles violences. C’est pourquoi nous nous associons à ceux qui en Israël-Palestine et en Belgique luttent pour sortir de cette impasse.


Ce samedi 17 octobre aura lieu à Tel-Aviv une manifestation de citoyens israéliens, juifs et arabes, sous le mot d’ordre « Nous ne cèderons pas au désespoir - nous resterons solidaires » ou encore « Ensemble contre l’occupation ».  Dans leur appel à manifester ensemble dans les rues de Jérusalem, ces activistes expriment combien il est nécessaire de s’attaquer à « la racine de ce cycle sanglant : un régime de contrôle et de séparation qui prive des millions de Palestiniens de leur droit à la liberté et à l'égalité ». Nous voulons marquer notre solidarité avec ces hommes et ces femmes, juifs et arabes qui font face ensemble.

Nous aussi, Juifs progressistes, voulons rappeler ici en Belgique le contexte qui a largement favorisé ce climat délétère, c’est pourquoi nous appelons à nous réunir pour former une chaine humaine de solidarité afin que cesse l'occupation, la colonisation et la répression du peuple palestinien.

 Le CA de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB)


CE DIMANCHE 18 octobre, NOUS NOUS REUNISSONS DANS LE CENTRE VILLE DE BRUXELLES POUR MANIFESTER NOTRE OPPOSITION À LA RÉPRESSION ISRAÉLIENNE.

Depuis la fin du mois de septembre, l’armée d’occupation israélienne a lancé une vague de répression sans précédent contre les Palestiniens de Gaza et Cisjordanie. On déplore plusieurs morts et des dizaines de blessés.
Nous invitons tous les citoyens à se réunir en face de la Bourse de Bruxelles pour former une chaîne humaine symbolisant la chaîne de solidarité permanente et incassable que nos voulons maintenir !
Les autorités belges doivent sans plus attendre couper toute collaboration avec l’Etat israélien dirigé par un gouvernement d’extrême droite, un gouvernement qui accélère la colonisation de la Palestine et réprime sa population.

Londres: un réseau de femmes juives-musulmanes est lancé avec le soutien du gouvernement




 A la première rencontre de Nisa-Nashim, une co-présidente dit que la violence actuelle à Jérusalem rend encore plus important de démolir les barrières.

Harriet Sherwood
Jeudi 15 octobre 2015
 

 Les co-présidentes Laura Marks (gauche) et Julie Siddiqi, au lancement, mercredi -
Photograph: John Rifkin

Un réseau de femmes juives-musulmanes visant à démolir les barrières religieuses et culturelles a été lancé avec le soutien du gouvernement.
Près de 150 personnes ont assisté au lancement de Nisa-Nashim – signifiant femme en arabe et en hébreu – à l’école de filles Islamia au nord de Londres, mercredi, avec en toile de fond des violences empirant à Jérusalem. Melanie Dawes, une fonctionnaire au sommet au département pour les communautés et le gouvernement local, a dit à la rencontre qu’elle était « fière de la diversité des  communautés dans ce pays ». Le gouvernement a soutenu le réseau par un don de  £30.000.

Julie Siddiqi, la coprésidente musulmane du réseau a dit au Guardian: « Le moment choisi rend ceci plus important, pas moins – il nous encourage et nous motive davantage. »
Laura Marks, la coprésidente juive  a dit: « De toute évidence, il y a une certaine suspicion, spécialement cette semaine où les choses sont si affreuses au Moyen-Orient. Certaines personnes diront, à quoi cela sert-il, mais nous devons essayer. »

Le réseau a trois objectifs principaux : rassembler des femmes des deux communautés, promouvoir le leadership des femmes et « être actives dans une société plus large. » Marks a dit : « Nous devons montrer que les Juifs et les Musulmans ont plus en commun que ce qui pousse à nous séparer. Les femmes recherchent sincèrement des moyens de collaborer entre elles et de parvenir à faire quelque chose. Nisa-Nashim nous donne permission et confiance.

Parmi les activités initiales, le réseau a organisé des visites éducatives de mosquées et de synagogues, a présenté des repas cacher-halal, lancé un réseau d’affaires et soutient les programmes pour aider les réfugiés.

S’exprimant à la rencontre de lancement, Siddiqi a dit que les tensions et les violences actuelles en Israël et dans les territoires palestiniens signifiaient qu’il était « même plus important pour des gens comme nous de faire ce que nous faisons ». Se référant à « ses sœurs juives », elle a ajouté : « Le plus nous développons d’amitiés, le plus nous croissons et apprenons ensemble, le plus je comprends que ces choses qui essaient de nous diviser ne réussiront pas. »

 London: Jewish-Muslim women's network is launched with government support (Guardian)

http://www.theguardian.com/uk-news/2015/oct/15/government-supports-jewish-muslim-womens-network-with-30000-grant

http://www.theguardian.com/uk/london

Palestine. Quelques tableaux parlants

  Made in illegality / outils infographiques 1er juillet 2019  https://plateforme-palestine.org/Made-in-illegality-outils-infographiqu...