08 novembre 2011

Au Cap, le Tribunal Russell pour la Palestine veut voir éclore le même esprit que celui qui a présidé à la fin de l’apartheid.

Le Tribunal Russell pour la Palestine a appelé lundi la communauté internationale à "pratiquer le même esprit de solidarité qui a contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud" à l’égard des Palestiniens. A l’ouverture de la troisième session, qui s’est déroulée le week-end dernier au Cap, l’archevêque Desmond Tutu, héros de la lutte anti-apartheid, a reproché à Israël d’avoir oublié les Ecritures. "Ils ont oublié leur propre histoire et ce que leurs propres prophètes ont dit de notre Dieu. Nous adorons un Dieu qui naturellement incline en faveur de ceux qui souffrent", a déclaré Desmond Tutu, prix Nobel de la paix 1984.

Le Tribunal Russell pour la Palestine est un tribunal des peuples autoproclamé créé en 2009 sur le modèle de celui qui jugea les crimes de guerre américains au Vietnam dans les années 1960. Créé peu après l’opération Plomb durci à Gaza en 2008-2009, il est considéré comme une "mascarade" par la diplomatie israélienne. Il est toutefois pris très au sérieux par des intellectuels sud-africains témoins de la période de l’apartheid. Le jury était composé de huit personnes dont la féministe française Gisèle Halimi, l’Irlandaise Mairead Corrigan, prix Nobel de la paix 1976, ou encore l’ancien résistant et ancien ambassadeur de France Stéphane Hessel, 94 ans.

La fédération sioniste d’Afrique du Sud avait par avance dénoncé "une campagne politique destinée à salir", jugeant que le tribunal Russell n’était "pas impartial".

Avant même l’ouverture de la troisième session du Tribunal Russell, les rapports des Palestiniens des Territoires occupés et des autorités israéliennes ont suscité un débat en Afrique du Sud où ils éveillent des parallèles avec le système d’apartheid, le régime raciste en vigueur jusqu’en 1994. Ce débat, dont la presse s’est fait l’écho, s’est amplifié avec l’initiative des Palestiniens à l’Onu demandant la reconnaissance de leur Etat dans les lignes qui ont séparé les Israéliens et les Arabes entre 1949 et 1967.

"L’Afrique du Sud est le lieu naturel pour débattre de savoir si Israël pratique une forme d’apartheid, pas en Israël même mais dans les Territoires occupés", a expliqué le professeur de droit John Dugard, ancien rapporteur spécial à l’Onu sur les droits de l’homme dans les Territoires de 2000 à 2006 et aussi l’un des parrains du Tribunal Russell pour la Palestine. "Ma propre expérience m’a malheureusement conduit à voir d’importantes similitudes", explique M. Dugard qui cite "discrimination, répression et fragmentation territoriale, les trois aspects dominants de l’apartheid".

(D’après AFP)

Lire tout l'article (sur le site de La Libre)

Tribunal Russell sur la Palestine - Cape Town - 6 novembre 2011

Chers Amis,
Ci-joint un communiqué de presse du Tribunal Russell sur la Palestine, réuni à Cape Town (Afrique du Sud) ce W-E et en ce début de semaine.

Ce communiqué n’est pas consultable sur le site web du Tribunal Russell : une «main mystérieuse» l’a piraté et rendu inaccessible.

Le communiqué de presse que je vous transfère ci-dessous est lui-même techniquement très particulier: ce courriel s’est avéré intransférable (le premier de toute ma «carrière» sur le net...) : «La tâche n’a pu être effectuée. Une erreur inconnue s’est produite...». 
Une «main mystérieuse» l’avait trafiqué à sa façon.
Pour vous faire parvenir malgré tout ce message, j’ai tenté de procéder à un copier/coller de son contenu et de le coller dans le présent message.

De façon générale, les travaux du Tribunal Russell sur la Palestine – organe d’opinion juridiquement rigoureux et non partisan, honoré de la participation de Stéphane Hessell, de Mgr Desmond Tutu et autres gardiens de la conscience universelle, ainsi que d’excellents spécialistes du droit international - n’ont pratiquement aucun écho dans la presse (une «main mystérieuse»).

Pour pallier ce triste état de fait, je vous suggère de transférer le présent courriel au maximum de vos amis.

Bien cordialement,
F. M.

Tribunal Russell sur la Palestine
Cape Town 

- Communiqué de presse 6 novembre 2011

Ce dimanche 6 novembre 2011, le Tribunal Russell sur la Palestine a poursuivi ses travaux sur le thème « Les pratiques d’Israël envers le Peuple palestinien violent-elles l’interdiction internationale de l’apartheid ? ». 




De nombreux témoignages ont porté sur les violations des droits humains par l'Etat d'Israël à l'encontre des Palestiniens dans les territoires occupés et en Israël même. Ils ont détaillé différentes mesures discriminatoires telles que: démolitions de maisons, punitions corporelles, détérioration des services de santé et d'éducation notamment pour les enfants, interdiction d'aller et de venir dans les territoires palestiniens. Même les libertés religieuses sont restreintes, des milliers de Musulmans et de Chrétiens sont interdits d'accès aux services religieux et aux lieux saints. Un témoin a estimé que pas moins de 30 pour cent de ces violations sont des pratiques d'apartheid. Avec pour conséquences d'empêcher le peuple palestinien de fonctionner en tant que groupe social.

D'autres intervenants ont présenté l'arsenal législatif israélien sans cesse modifié en vue de restreindre davantage les droits des Palestiniens. Des lois militaires s'appliquent aux Palestiniens des territoires, tandis que des lois civiles régissent la vie des colons. D'autres témoins ont souligné les différents statuts juridiques selon l'endroit où ils résident. A titre d'exemple, les Palestiniens de Jérusalem doivent prouver leur qualité de résident, faute de quoi leur statut est révoqué. D'autres lois visent la population israélienne. Elles obligent les associations qui défendent les droits des Palestiniens à déclarer l'origine de leurs fonds et leur interdisent de soutenir les campagnes de boycott. 



D'autre part, une politique systématique d'exploitation des ressources du peuple palestinien (travail, agriculture, environnement, eau,...) résulte d'un plan coordonné dès 1967, a soutenu un témoin. La viablité des villages est aussi rendue impossible par l'absence d'accès à l'eau, aux routes, ..., avec pour conséquence un exode volontaire des populations épuisées par ces conditions. Une politique de même nature est appliquée en territoire israélien dans les villages palestiniens, en particulier les villages bédouins du Neguev.

Le caractère juif de l'Etat d'Israël est utilisé par les autorités israéliennes pour justifier les différentes violations aux droits humains, y compris le déplacement de populations, qualifié de nettoyage ethnique par un témoin. La destruction massive de maisons de Palestiniens, le transfert de populations et la construction du Mur participent de cette politique de nettoyage ethnique avec pour but ultime la judaïsation d'un maximum de terres de la Palestine historique. Selon ce témoin, il s'agit d'une politique d'apartheid, une notion utilisée officiellement en Israël (hafrada) et qui signifie "acte de séparer". Le Mur étant lui-même qualifié de "barrière de séparation".

Des juristes, en s'appuyant sur la jurisprudence des juridictions internationales, ont rappelé les notions qui permettent de qualifier si des pratiques s'apparentent au crime d'apartheid. Outre les crimes contre l'humanité et crimes de guerre déjà dénoncés, notamment par la Cour Internationale de Justice, la notion de persécution d'un peuple a été précisément définie. 
Enfin, cette journée s'est conclue par l'intervention d'un juriste qui énoncé les différents moyens d'action possibles au niveau juridique national et international en vue de mettre fin aux violations des droits fondamentaux des Palestiniens présentées lors de cette session. Il a rappelé avec insistance le rôle essentiel de la société civile pour amener les gouvernements à se conformer à leurs obligations internationales. Notamment par le biais de la campagne BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) comme moyen alternatif de faire respecter le droit international.

Cette troisième session du TRP a été marquée par deux incidents: la menace de retrait de la citoyenneté israélienne à une parlementaire arabe de la Knesset citée comme témoin au TRP et le piratage du site web du Tribunal Russell sur la Palestine.


Lundi 7 novembre, les conclusions du jury seront annoncées lors d'une conférence de presse à Cape Town.

Pour d'autres informations sur le Tribunal Russell sur la Palestine: 
https://www.facebook.com/russelltribunal
Contact presse: 

Claude Colart, media manager, RToP Cape Town, 0027 82 37 06 731

LA PALESTINE à L'UNESCO

C'est un grand moment pour les Palestiniens, peut-être le plus important depuis bien des années.
Enfin !
C'est un premier pas vers la reconnaissance d'un Etat.

Voici des extraits d'un article paru dans La Libre Belgique du 2 novembre dernier.

Le statut d’Etat auprès de l’Unesco permet désormais aux Palestiniens de demander la reconnaissance au Patrimoine mondial de nombreux sites en territoire occupé par Israël. Tels l’église de la Nativité à Bethléem, les vestiges archéologiques millénaires à Jéricho, le Caveau des Patriarches bibliques à Hébron, la tombe de la matriarche Rachel à Bethléem. Ce qui causera immanquablement des frictions avec Israël qui a déjà inscrit certains de ces sites à son propre patrimoine national. Notamment, les deux derniers sur lesquels Israël garde la mainmise, quoiqu’ils soient vénérés à la fois par les juifs et les musulmans.
Les Palestiniens pourront aussi saisir l’Unesco pour entraver les fouilles archéologiques qu’Israël mène autour de l’esplanade des mosquées dans la Vieille Ville de Jérusalem-Est, ou pour freiner le contrôle qu’Israël maintient sur les manuels scolaires des écoles palestiniennes à Jérusalem-Est.

Et puis aussi :

A l’issue des consultations menées mardi par son mini-cabinet politique, le Premier ministre Netanyahou a décidé d’accélérer la colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée - la riposte préférée des nationalistes israéliens, régulièrement critiquée à l’étranger, mais jamais concrètement freinée par la communauté internationale - en guise de rétorsion après leur admission à l’Unesco.
Par ailleurs, Israël a également décidé de geler, au moins à titre provisoire, recettes fiscales dont il doit s’acquitter chaque mois au Trésor palestinien. Ces recettes proviennent essentiellement des taxes qu’Israël perçoit sur les marchandises qui transitent par ses ports et aéroports à destination de la Cisjordanie et de Gaza. Elles se montent à des millions de dollars et servent à payer le salaire des dizaines de milliers de fonctionnaires de l’Autorité palestinienne. Israël en a déjà souvent bloqué le transfert pour punir ou exercer des pressions sur les Palestiniens.
 Je vous invite à lire l'article entier de Renée-Anne Gutter :
Le gouvernement de Benjamin Netanyahou fulmine contre les Palestiniens et l’Unesco. En rétorsion, il accélère la colonisation.
Renée-Anne Gutter, correspondante à Jérusalem.
LLB. Mis en ligne le 02/11/2011

Palestine. Quelques tableaux parlants

  Made in illegality / outils infographiques 1er juillet 2019  https://plateforme-palestine.org/Made-in-illegality-outils-infographiqu...